Approche personnelle de la transidentité (fin)

BINARITÉ et HETEROPATRIARCAT

 

 

C'est un sujet très vaste, trop vaste pour être abordé réellement ici, et je reconnais ne pas le maitriser suffisament à ce jour. Mais je vais tenter de faire un résumé car il est à la base de certaines souffrances des personnes transidentitaires. Nous l'avons effleuré dans les chapitres précédents.

 

La société est fondé sur un principe de binarité: il existe des hommes et des femmes, point. Ce critère est fixé à la naissance par la présence d'organes génitaux externes masculins ou féminins.

Se rajoute à ce principe, l'hétéropatriarcat: la société est basée sur une vie hétérosexuelle dominée par les hommes.

 

A partir de ces données, tout individu qui sort de ces normes est automatiquement rejeté.

 

La communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) est directement concernée par ce rejet implicite par la société. Il est aussi à la base du féminisme, qui rejoint ainsi la lutte des trans contre ces normes imposées par la société.

 

J'entends des voix dire que la société française a progressé.

Certes les femmes ont acquis des droits: accès à la contraception, accès à l'avortement, égalité des droits avec les hommes..... Mais ces droits sont soient bafoués: les rémunérations hommes/femmes sont-elles identiques? Est-il facile d'obtenir un rendez-vous pour un avortement? ( de nombreuses femmes partent encore à l'étranger se faire avorter), soient ces droits sont régulièrement remis en question.

 

Et je ne parle que de la France!

 

L'homosexualité, quoique tolérée en France, n'est sortie des maladies psychiatriques que récemment. L'acceptation par la société s'améliore, mais n'avez-vous jamais entendu, voire prononcé des propos homophobes?

L'acceptation de son homosexualité est encore tabou, ou du moins très difficile. Combien de jeunes plongés dans la souffrance du fait de leur orientation sexuelle.

 

Alors, imaginez pour une femme transgenre, non opérée et lesbienne de surcroit.

 

Maintenant imaginez, une société non binaire, acceptant tous les genres, acceptant toutes les orientations sexuelles, ce que j'appelle une société «Arc en ciel».

Oui, imaginez cette société où chaque individu pourrait se définir, lui même et lui seulement, sans affronter le regard hostile de la société, que de souffrances disparaitraient!


 

SOUHAITS DES TRANSGENRES

 

Et maintenant, après cette approche de la transidentité, voici une liste des revendications des transgenres.

 

Revendications uniquement pour être traité tel un être humain.

 

 

  • Dépsychiatrisation: Nous ne voulons plus être considérés comme des malades mentaux. Ni d'ailleurs comme des malades.

 

  • Accès libre aux soins, personnellement choisis avec liberté de choix des praticiens.

 

  • Prise en charge des traitements médicaux et chirurgicaux (même ceux effectués à l'étranger, les chirurgies effectuées en France ne garantissant pas la meilleure qualité que chaque patient se doit de recevoir) par les caisses de sécurité sociales. Cette prise en charge ne s'oppose pas au fait de ne pas être considérés comme malades. Les femmes enceintes sont-elles malades?

 

  • bien évidemment disparition des équipes dites officielles et des protocoles associés.

 

  • suppression de l'obligation de suivre un suivi psychiatrique. Chaque individu sait ce qu'il est.

 

  • simplification des procédures de changement d'état civil, donc suppression des obligations de stérilisation, de divorce pour les trans mariés, ....... voire disparition de toute notion de genre sexué sur les papiers officiels.

 

  • lutte réelle contre la transphobie, transphobie individuelle et transphobie d'état. Actuellement, la transphobie (donc les actes hostiles liés à l'identité de genre) ne sont pas pris en compte par les instances internationales et les instances nationales.

 

Donc en bref:

 

respect des Droits de l'homme

et mise en application des conseils d M. Thomas HAMMARBERG, commissaire des droits de l'homme au conseil de l'Europe.

 

 

 

 

 

Conclusion

 

 

Comment pouvoir avoir la prétention de connaitre une personne sans la connaitre?

 

 

 

L'essentiel est invisible aux yeux...même si la partie visible fait partie de l'essentiel.

 


 

 

ANNEXE : Le vocabulaire essentiel, un petit glossaire de la transidentité

 

 

Cette annexe est reproduite avec l'aimable autorisation de STS67, sa lecture demande attention car elle résume toute la notion politique associée à la transidentité et à la notion de genre.

Ne pas hésiter à la lire plusieurs fois pour bien comprendre et surtout sortir du schéma binaire classique de la société qui nous imprègne tous.

 

 

Femelle: Female en anglais. Personne de sexe femelle (sans considération de son genre). Contrairement aux idées reçues, les critères qui définissent une femelle ne sont pas clairement définis ni définissables, et sujets à interprétation culturelle et sociale (ce qui ressort le plus clairement dans le traitement que l'État fait subir aux personnes intersexe).

 

 

Mâle: Male en anglais. Personne de sexe mâle (sans considération de son genre). Contrairement aux idées reçues, les critères qui définissent un mâle ne sont pas clairement définis ni définissables, et sujets à interprétation culturelle et sociale (ce qui ressort le plus clairement dans le traitement que l'État fait subir aux personnes intersexe).

 

 

Femme: Woman en anglais. Personne de genre féminin (sans considération de son sexe). Il n'existe pas de « vraies » femmes ni de « fausses » femmes, car chaque personne possède une part plus ou moins grande autant de féminité que de masculinité, et ces deux notions dépendent entièrement du système culturel et social dans lequel on les définit.


Homme: Man en anglais. Personne de genre masculin (sans considération de son sexe). Il n'existe pas de « vrais » hommes ni de « faux » hommes, car chaque personne possède une part plus ou moins grande autant de masculinité que de féminité, et ces deux notions dépendent entièrement du système culturel et social dans lequel on les définit.

 

 

FtM (ou F2M): Abréviation de l'anglais female-to-male, c'est-à-dire littéralement femelle-vers-mâle (ce qui est une traduction exacte), ou, en usage français courant, femme-vers-homme (ce qui est moins exact, mais se justifie souvent par le contexte plus large dans lequel on l'emploie). Cette abréviation s'utilise couramment en français. Personne transgenre de sexe femelle cherchant à exprimer un genre considéré comme masculin dans le contexte culturel et social dans lequel elle vit, et faisant éventuellement des démarches pour acquérir des caractéristiques physiques mâles.

 

 

MtF (ou M2F): Abréviation de l'anglais male-to-female, c'est-à-dire littéralement mâle-vers-femelle (ce qui est une traduction exacte), ou, en usage français courant, homme-vers-femme (ce qui est moins exact, mais se justifie souvent par le contexte plus large dans lequel on l'emploie). Cette abréviation s'utilise couramment en français. Personne transgenre de sexe mâle cherchant à exprimer un genre considéré comme féminin dans le contexte culturel et social dans lequel elle vit, et faisant éventuellement des démarches pour acquérir des caractéristiques physiques femelles.

 

 

 

Genre: Gender en anglais. Notre genre est notre identité sexuée psychique, celle avec laquelle nous ressentons une affinité, indépendamment des caractéristiques sexuées de notre corps. P.ex. le sentiment intime d'être proche de ce que nous considérons comme une femme ou un homme, ou d'être effectivement une femme ou un homme, ou n'importe quel intermédiaire entre ses deux pôles, voire hors de ces pôles. Chez beaucoup de personnes, le genre coïncide à peu près avec le sexe, mais ce n'est pas le cas de tout le monde, et cela n'a rien d'obligatoire. Contrairement à ce qu'affirment les dogmes scientifiques convenus dans notre culture et société, il existe plus de deux genres dans l'Humanité : à y regarder de près, il en existe au moins autant qu'il existe d'individus. Il n'existe dans les faits aucune « Norme » du genre, bien qu'on essaie de nous en imposer une : le genre n'est pas inné ni prédéterminé, mais une construction culturelle et sociale. Il n'existerait de fait pas si la culture et la société dans lesquelles nous vivons ne cherchaient pas à le définir. Par conséquent, une personne n'est pas considérée comme genrée aussi longtemps qu'elle n'exprime pas un genre : sans expression d'un genre, pas de genre. Le genre est donc ce que nous montrons de sexué, et non pas ce qui chez nous est sexué mais socialement invisible (p.ex. nos organes génitaux ou notre profil génétique). Et par conséquent, comme le genre est un phénomène d'origine purement sociale, qu'il n'existe que par ce que nous en montrons et par ce que le regard des autres en perçoit, le genre est auto-déclaratif: nous sommes du genre que nous déclarons posséder et que nous montrons et vivons dans la Société, et ceci en totale indépendance de notre sexe. Ceci est absolument crucial à comprendre et à retenir.

Une autre chose cruciale à comprendre et à retenir est que le genre est toujours une performance : nous tenons et jouons tous/-tes des rôles genrés dans notre culture et notre société, 24h/24, 365 jours par an, que nous soyons transgenre ou non. Une des spécificités des personnes transgenre est qu'elles sont souvent celles qui en ont le plus clairement conscience, de par la souffrance que ce jeu de rôles généralisé et permanent peut produire dans leurs vies : il est impossible de vivre une de transgenre sans analyser et comprendre les mécanismes qui régissent ce jeu, tandis qu'on peut souvent vivre une vie de cisgenre sans faire une telle analyse. Ce qui signifie que ce que les personnes transgenre découvrent, par leur vécu, sur la façon dont notre société impose une sexuation précise à nos vies, vaut également pour toutes les personnes non-transgenre qui vivent dans la même société. Les personnes transgenre peuvent donc révéler à toute la société comment fonctionne ce mécanisme de sexuation et quels problèmes il pose. Et c'est précieux.

 

 

Sexe: Sex en anglais. Notre sexe est notre identité sexuée physique : un ensemble de caractéristiques physiologiques et génétiques qui font dire que telle personne est considérée comme mâle ou femelle. Dans certains cas, ces caractéristiques sont considérées ambiguës comme ou imprécises, on parle alors d'intersexuation et de personnes intersexe ou intersexuées. Chez beaucoup de personnes, le sexe coïncide à peu près avec le genre, mais ce n'est pas le cas de tout le monde, et cela n'a rien d'obligatoire. Contrairement à ce qu'affirment les dogmes scientifiques convenus dans notre culture et société, il existe plus de deux sexes dans l'Humanité, car à y regarder de près, il se pourrait qu'il en existe autant qu'il existe d'individus : rien que les critères d'intersexuation « reconnus » (par la «Science ») à ce jour se comptent par centaines ou milliers, et il se pourrait qu'un jour, en affinant les méthodes de recherche et les critères de différenciation qui en découlent, on constate qu'il n'existe aucune « Norme » du sexe, tout comme il n'existe aucune « Norme » du genre.

 

 

 

 

Intersexuation: Intersexedness ou intersexuation en anglais. Le fait de posséder un corps dont le sexe n'est pas clairement classifiable à l'aide des étiquettes mâle ou femelle telles que définies dans un contexte culturel et social donné. (Le terme intersexualité est erroné et à proscrire, car il ne s'agit en aucun cas de sexualité, donc de questions de désir et plaisir, voire pratiques, sexuel(le)s, mais bien de sexuation, c'est-à-dire d'identité, physique en l'occurrence.) Ce phénomène est nettement moins rare qu'on ne le croit (il se pourrait que 20 %, voire plus, de l'Humanité soient concernés d'une façon ou d'une autre, généralement à l'insu des personnes concernées), et il peut se présenter sous beaucoup de formes : les soi-disant « anomalies » génitales (organes génitaux pas clairement définissables en tant que mâles ou femelles, ou tenant des deux) en sont sa manifestation la plus visible, mais dans les faits la plus rare. Sa forme la plus fréquente sont les soi-disant « anomalies » génétiques, qui existent dans de très nombreuses variantes (plusieurs centaines recensées à ce jour par la « Science »), et qui ne sont souvent pas décelées : beaucoup de personnes ne savent pas qu'elles sont génétiquement intersexe (p.ex. Les femmes au profil génétique XY, donc mâles, sont nombreuses et ignorent en général leur statut génétique). Dont certaines personnes, pas si rares, qui se considèrent « intuitivement » comme transgenre sans savoir que cette intuition a dans leur cas une équivalence physique clairement identifiable, et, en fin de compte, une base de construction culturelle et sociale souvent inconsciente de la part de leur environnement : c'est p.ex. le cas, assez fréquent, des parents qui savent l'intersexuation de leur enfant, mais la lui cachent par «convention » (ou plutôt honte) sociale, mais l'éduquent inconsciemment d'une façon genrée qui tient compte de son intersexuation. Ces cas mènent souvent à des souffrances extrêmes de la personne intersexe et à des drames, dont certains sont bien documentés.

L'intersexuation est, tout comme la transidentité, une variation naturelle de la vie humaine, pas une maladie (bien que certaines intersexuations génétiques puissent entraîner de réelles pathologies physiques, mais elles sont rares). Malheureusement, la Médecine et les parents, sous la pression de la soi-disant « Norme » culturelle et sociale ambiante, ont de tout temps abusé de leur pouvoir en « redéfinissant » à leur guise le sexe des nouveaux/-elles-né(e)s visiblement intersexué(e)s, et violent donc par là irrémédiablement, à vie, le droit à l'auto-détermination du corps et du genre de la personne humaine. Nombreux sont les cas d'enfants qui ont ainsi été mutilés à vie et forcés à vivre dans un corps qui ne sera jamais entièrement le leur. Nous ne les comptons pas automatiquement parmi les personnes transgenre, puisque leur identité « croisée » provient d'une cause physique clairement prouvée (alors que la transidentité est généralement considérée comme un phénomène purement psychique, d'origine sociale, non prouvable par des moyens scientifiques), mais certaines luttes sociales des personnes intersexe rejoignent celles que mènent les personnes transgenre, notamment dans le domaine des discriminations subies et des droits dus mais pas accordés. Les intersexe et les transgenre sont donc différent(e)s, mais socialement voisin(e)s de par les discriminations qu'on leur impose, et parfois comilitant(e)s et camarades de lutte : on tient là un exemple de ce que peut être une convergence des luttes contre un adversaire commun (les discriminations subies au nom d'une « Norme » culturelle et sociale qui réprime le Droit à la Différence).

 

 

Transgenre: Transgender(ed) en anglais. Dans l'usage que nous en faisons, transgenre désigne, exactement comme le terme anglais équivalent, toute personne qui ressent que son genre ne correspond pas à celui que la culture et la société, dans lesquelles elle vit, attendent et exigent de lui en fonction de son sexe. Ce qui peut couvrir une palette très large, infinie en fait, d'expression du genre, bien au-delà des pôles « homme » et « femme » ou même des étiquettes « MtF » et « FtM ». Ce n'est donc pas un terme d'exclusion mais un terme d'inclusion, un « chapeau »: transsexué(e)s, travesti(e)s, drag kings, drag queens, et plein d'autres encore, sont considéré(e)s par nous comme faisant partie de la « famille » transgenre, car toutes ces personnes mettent en question, par l'expression de leur genre, la soi-disant « Norme » genrée qui nous entoure et qu'on cherche à nous imposer. On peut même dire que « nous sommes tous/-tes un peu trans'», comme le disait si bien le mot d'ordre de la LGBT Pride de Montpellier il y a quelques années...

Être transgenre n'est en aucun cas une maladie ou pathologie, mais une caractéristique tout à fait ordinaire et courante de l'Être Humain, caractéristique qui existe depuis la nuit des temps, et qui existera certainement toujours. On ne « guérit » pas la transidentité (le fait d'être transgenre), mais on peut corriger dans une certaine mesure, si nécessaire, ce qui fait qu'une personne transgenre n'est pas bien dans sa peau, à savoir son mal-être (aussi appelé dysphorie) du genre.

 

 

Cisgenre: Cisgender(ed) en anglais. Le contraire de transgenre. Donc, une personne qui ressent que son genre correspond à peu près, en tout cas sans lui causer de souffrance, à celui que la culture et la société, dans lesquelles elle vit, attendent et exigent de lui en fonction de son sexe. C'est moins courant que vous ne le pensez peut-être...

 

 

Transidentité: Transgenderedness en anglais (on commence à y trouver transidentity aussi). Le fait, pour une personne, d'être transgenre. Ce terme a été créé en allemand à la fin de 1994, et rapidement adopté par les milieux autant transgenre que scientifiques allemands. Nous l'avons traduit de l'allemand et introduit en français en 2002, et ce terme commence depuis à être adopté et usité en France. Son avantage, par rapport aux termes erronés que sont «transsexualité » (il ne s'agit pas de pratiques/désirs/plaisirs sexuels, mais d'identité de la personne) et «transsexualisme» (terme psychiatrique pathologisant et discriminatoire) est qu'il met l'accent sur l'essentiel de ce qui signifie être transgenre : sur l'identité sexuée psychique de la personne « différente » des attentes de la culture/société. Ce terme est donc à préférer à tous les autres termes cités.

 

 

Travesti(e): Crossdresser ou transvestite en anglais. Personne qui pratique l' « habillement croisé » : p.ex. Une femelle qui s'habille en homme, ou un mâle qui s'habille en femme, selon les codes genrés dans lesquels elle/il vit. Bien entendu, cela dépend de critères entièrement culturels et sociétaux, donc très fluctuants : ainsi, une tenue vestimentaire qui était considérée comme exclusivement masculine en France il y a quelques décennies ne l'est souvent plus aujourd'hui, et ce qui est considéré comme féminin dans telle culture peut ne pas l'être dans telle autre.

 

 

Transsexué(e): Néologisme introduit par nous afin d'éviter le terme « transsexuel(le) », qui est erroné par plusieurs aspects et discriminatoire. Nous désignons par là une personne transgenre qui fait des démarches afin de modifier son corps vers une apparence sexuée plus proche de ses affinités de genre. Ce qu'elle fait en général, mais pas toujours ni exclusivement, afin de faciliter l'expression de son genre.

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